Ville de Tarnow
Un peu d'histoire
Les premières traces de l’existence
de la ville remontent à l’époque des glaces lorsque,
dans les environnements de la ville, apparurent les chasseurs de rennes.
Dès que la toundra de l’époque d’après
glaciale fut changée en grande forêt vierge donnant de l’abri
et de la nourriture, les hommes commencèrent à s’y
installer. Les archéologues retrouvèrent six postes mésolithiques
datés de la période entre 8300
et 4500 av. J.-C.
Les traces suivantes furent plus jeunes de quelques millénaires.
Au centre de la ville on retrouva un tombeau avec entre autre des fragments
d’os brûlés, des récipients d’argile et
un objet de fer. Ces découvertes vinrent de la première
période de fer, des années 700-400 av. J.-C.
Le peuple celtique arriva du sud-ouest sur les terres de la ville de Tarnow
entre Vème et IVème siècle av. J.-C. Il y a pas longtemps,
les archéologues découvrirent un
cimetière celtique à Letowice (Letowice, dans
les environs de Tarnow). Durant les quatre premiers centenaires de notre
époque, sur toutes les terres de la Petite Pologne, on découvrit
des traces de colonies de la culture de Przeworsk : les traces d’une
construction en pierre qui constituait selon les archéologues un
grand fumoir.
La culture « przeworska » disparut avec les
invasions des Huns et la migration des peuples en Europe. Une
nouvelle époque était en train de se créer : l’époque
du Moyen Age, et de nouveaux peuples apparurent : Slowianie, et le pays
de Wislan et Polan.
A la moitié du IXème siècle, sur le mont Saint-Martin
on construisit un castel, probablement par le peuple de Wislanie. Ce fut
une des plus grandes bourgades polonaises du début du moyen âge.
Elle fut détruite au XIème siècle. La colonie de
Tarnow fut crée. C’était la propriété
d’un monarque et à la fin du XIème siècle et
au début du XIIème siècle, elle fut donnée
au cloître des Bénédictins de Tyniec à côté
de Cracovie. Ce fait fut confirmé par un document de 1124 rédigé
par le cardinal Idzi de Toucy, légat du pape.
En 1327 Spycimir au blason Leliwa (une demi-lune d’or et une étoile
à six branches sur le font bleu) acheta la compagne, appelée
plus tard Tarnow Grand et trois ans plus tard fonda sa ville privée. Le 7 mars 1330, le roi polonais, Wladyslaw Lokietek donna les
droits à la location de la ville sur la loi teutonique. Les
habitants de Tarnow eurent les mêmes droits que les habitants de
la ville royale Cracovie.
La même année, Spycimir Leliwita, voïvode et châtelain
cracovien, deuxième personne après le roi, termina la construction
du château au mont Saint Martin. Les ruines de ce château
existent jusqu’à aujourd’hui.
La ville de Tarnow se développa grâce à la famille
Leliwita. Le commerce, l’artisanat s’agrandit, les premières
banques et entreprises furent fondées. La meilleure période
pour la ville est liée à la personne de Jan Tarnowski (1488-1561),
grand hetman de la couronne. Ce grand homme, politicien, écrivain
et maître, un vrai homme de la Renaissance qui correspondait avec
Erasme, donna des ordres pour faire des notes dans les livres de ville
à propos de l’exercice des offices à Tarnow, de la
défense de la ville contre l’ennemi, du comportement en cas
d’incendie, de l’organisation de l’artisanat. Au
XVIème siècle la ville compta environ 1200 habitants
et 200 maisons à l’intérieur de la ville (la Vieille
Ville d’aujourd’hui), il y avait une école, une synagogue,
la ville disposait de canalisations, tandis que l’église
paroissiale fut élevée au nom de la collégiale.
Après la mort de Jan Tarnowski, avec le mariage de sa fille avec
un prince Ostrogski, la ville appartint après sa mort à
la famille Ostrogski. Ensuite la ville tomba entre les mains de plusieurs
propriétaires. De nombreuses épidémies et incendies
détruisirent des biens et des hommes. En octobre de 1655, les
Suédois pillèrent la ville pendant le "déluge
suédois". Le nombre d’habitants diminua jusqu’à 768.
A partir de 1723 la ville devint une propriété des princes
Sanguszka, qui l’eurent acquise après les Lubomirscy.
Tarnow, dès 1772, se trouva sur le territoire annexé à
l’Autriche, la Galicie. Paradoxalement, le partage de la Pologne
servit bien à la ville, Tarnow n’était plus entre
les mains privées et on y installa le siège de l’unité
administrative sous le rang de district, et en 1785 on y localisa un évêché.
Le 14 mars 1794 à Tarnow naquit Jozef Bem, général,
héros de batailles pour l’indépendance de la Pologne,
dans le soulèvement de novembre 1830-31.
Dans la deuxième moitié de XIXème siècle on aperçut un brusque développement de la ville.
Tarnow fut lié par le chemins de fer à Cracovie et en 1852
la ville compta plus de 21 000 habitants.
En 1888 le premier musée de paroisse fut fondé.
Le 10 novembre 1914, les soldats russes entrèrent dans la ville.
Pendant les combats quelques bâtiments et les quais de la gare furent
endommagés. Mais Tarnow comme une des premières villes se
libéra après 146 années de soumission dans la nuit
de 30 à 31 octobre 1918. Tarnow devint une ville industrielle avec la création de l’usine
« Panstwowa Fabryka Zwiazkow Azotowych ». Avant le commencement
de la deuxième guerre mondiale la ville compta presque 40 mille
habitants.
Le 28 août 1939, à la gare de Tarnow éclata une bombe,
laissée par un saboteur allemand. Le premier septembre, la guerre
commença. Le premier transport de prisonniers à Auschwitz
partit le 14 juin 1940, c’étaient les premières victimes
du camp d’extermination. La libération de l’occupation
d’Hitler eut lieu le 18 janvier 1945.
Après la guerre, la ville se développa, le théâtre
fut fondé en 1957. Dans les années 1975-1997 Tarnow fut
le capitale de la voïvodie. Actuellement la ville compte 140 mille
habitants.
Une petite promenade dans la ville de Tarnow...
L’Eglise de la Sainte Famille (Des Missionnaires). L’église
fut construite dans les années 1904-1906 selon le plan de Jan Sas-Zubrzycki.
Elle fut consacrée le 11 septembre 1907. L’église
fut endommagée pendant la Deuxième guerre mondiale et dans
la suite rénovée. Cette église néo-gothique
est très pittoresque, riche en détails, et sa structure
intérieure reste compliquée. Elle est construite de briques,
de pierres, couverte de tuiles. L’église possède trois
nefs, deux tours, un transept, des chapelles, et un chœur fermé
en forme de triangle. A l’intérieur nous pouvons apercevoir
la voûte croisée, tout près du chœur se trouve
la voûte en forme d’étoile et dans deux bras du transept
les voûtes composées de six champs. Les fenêtres sont
ogivales. En ce qui concerne la façade, en bas se trouvent trois
portails. Au dessus du portail à double entrée du milieu
est représentée la Sainte Famille. Les stalles, les bancs
et les confessionnaux sont de style néo-gothiques et datent les
années 1909-1910. Les orgues furent créés un an plut
tard. Dans les fenêtres du transept se trouvent les vitraux dessinés
par le fils de Jan Matejko (1838-1893, peintre polonais, représentant
de la peinture historique polonaise du XIXème siècle). Les
cloches sont de 1907.
La Cathedrale Notre Dame (fondée vers la moitié du
XIVème siècle). En 1400, elle fut élevée au
rang de la collégiale. Au départ, l’église
était petite, elle ne possédait qu’une nef principale,
sans chœur, une chapelle de Sainte Croix et des porches. A partir
de l’an 1400, les travaux d’agrandissement de l’église
commencèrent. La cathédrale obtint des chapelles, un chœur,
une tour, et une salle des coffres. Tous ces travaux avaient le caractère
gothique, en accord avec le style de l’église et l’esprit
de l’époque. Les deux siècles suivants y ajoutèrent
des détails baroques. Il s’agit d’un chapitre, c’est-à-dire
du passage jusqu’à la sacristie, ainsi que d’une chapelle
couverte d’un dôme avec lanterne. En 1786 cette collégiale
reçut le titre de Cathédrale Episcopale. Au XIXème
siècle, les travaux recommencèrent et furent partagés
en trois étapes. On joint les chapelles qui entouraient la nef
principale en créant de cette façon deux nefs latérales.
Les demeures bourgeoises autour de la place du marché (deux
d'entre elles abritent le Musée Régional de Tarnow) qui
datent du XVIème et XVIIème siècle. La plupart sont
reconstruites et gardent leur aspect de renaissance : ces demeures sont
riches en détails architecturaux.
L’Hôtel de ville se trouve au centre de la place du
Marché. A la fin du XVème siècle on construisit le
premier bâtiment de l’Hôtel de Ville. Les travaux suivants
datent du début de XVIème siècle, où on construisit
la tour terminée par une rehausse cylindrique. L’entrée
principale possède un caractère gothique. Puis, grâce
au hetman Jan Tarnowski, le bâtiment changea, devint plus grand,
et possèda dès lors une attique, analogue à l’attique
de la Halle aux Draps de Cracovie, l’arcature est décorée
par les portraits peints des 28 membres de la famille Tarnowski, le peigne
de l’attique fut terminé par les mascarons en pierre. Jan
Maria Mosca, appelé Padovano était probablement l’auteur
des travaux de reconstruction de l’Hôtel de Ville. Le bâtiment
formé durant la deuxième moitié de XVIème
siècle reste presque sans changement jusqu’à aujourd’hui.
Entre autre, au premier étage se trouvait la salle de conseils,
au rez-de-chaussée les bureaux de la ville, tandis que dans la
tour il y avaient des gardiens dont le devoir était de sonner l’alerte
contre un incendie.
L’hôtel de ville avait seul droit de peser et de vendre des
bougies, du sel, des ficelles, etc. En 1663, l’hôtel de ville
fut gravement endommagé par un incendie qui ravagea la ville de
Tarnow. Un an plus tard, le roi Jan Kaziemierz promit de renouveler les
privilèges de la ville disparus dans cette incendie. Juste après
on rénova le bâtiment de l’hôtel de ville et
on installa une nouvelle horloge sur la tour. Au XVIIIème siècle
l’hôtel de ville fut négligé en conséquence
de la crise qui eut touché la ville. Un autre incendie endommagea
l’hôtel de ville et cette fois-ci, à l’occasion
de la reconstruction l’intérieur subit des changements. Le
bureau du magistrat, le poste de police, les magasins de la ville et la
prison y trouvèrent leur place.
Vers 1850 on rénova l’extérieur de l’hôtel
de ville. La fin du XVIIIème siècle apporta entre autre
la liquidation du bâtiment attaché à l’hôtel
de ville où se trouvait la balance et dans l’élévation
on plaça des portails gothiques et de renaissance (enlevés
en 1947). Les années suivantes apportèrent de nouveaux travaux
et deux événements importants pour l’histoire de Tarnow.
Le 11 novembre 1914, sous l’occupation de Tarnow par l’armée
russe, le maire, le docteur Tertil, transmit la ville au général
Chelmicki, donnant sous sa garde la vie et les biens des habitants. Le
19 octobre 1918 eut lieu le rassemblement du Conseil de la ville où
Tertil annonça la création du pays indépendant de
la Pologne. Plus tard, le bâtiment de l’hôtel de ville
comprenait le musée diocésain. A partir de 1945 l’hôtel
de ville fut occupé par le musée de la Terre Tarnovienne,
appelé ensuite le Musée de Tarnow et en fin le Musée
Régional.
Le mausolée du général Jozef Bem qui se trouve
dans le parc Strzelecki (le parc municipal). Ce mausolée possède
une forme classique. Il se compose de six colonnes de capitaux corinthiens,
sur lesquelles est posé une sorte de coffre-sarcophage. Sur le
mur de ce sarcophage est écrit : « Jozef Bem », «
Ojczulek Bem, najwiekszy wodz walki wolnosciowej Wegier » (Père
Bem, le plus grand commandant des batailles pour la liberté de
la Hongrie »). Les colonnes sont placées sur un socle de
deux marches qui sort de l’eau et qui sont entourées de boulets
en pierre qui symbolisent l’artillerie dans laquelle faisait son
service Jozef Bem.
La Bimah vient de la première moitié de XVIIIème
siècle, c’est le reste de la plus vieille synagogue de Tarnow.
Elle constituait la partie centrale, alors un endroit où on célébrait
des rites religieux et où on lisait la Thora. Son plan est carré,
d’une coupole de neuf champs.
Le palais de Sanguszki. Sa construction a été commencé
en 1799. Au fur et à mesure le palais changea d’aspect grâce
à ses propriétaires. Aujourd’hui, c’est un bâtiment
de traits classiques : portail à colonnes avec des éléments
éclectiques, néogothiques et néo-renaissance.
Les ruines du chateau au Mont Saint Martin. Le château
de Spycymir, alors du fondateur de la ville et ensuite d’autres
propriétaires était une forteresse gothique. En 1340, on
signa dans ce château le premier document, ce qui témoigne
que le bâtiment était déjà habité. C’était
un endroit important sur la carte de la Pologne, grâce à
ses propriétaires et ses hôtes comme, à titre d’exemple,
le roi Casimir le Grand (Kazimierz Wielki) et Ladislas Jagellon (Wladyslaw
Jaggiello). Sa meilleure période est liée à l’époque
de Jan Tarnowski qui fit agrandir le château en une résidence
de renaissance et l’eut fortifié. Dans le château il
y avait une grande bibliothèque, une salle de coffre. Le château
était visité par les humanistes les plus connus : Jan Kochanowski,
Mikolaj Rej ou Andrzej Frycz Modrzejewski. Cela prouve une bonne éducation
du propriétaire ainsi que son niveau intellectuel. Jan Tarnowski,
en 1528 mit à disposition le château au roi de l’Hongrie,
qui essayait de récupérer la couronne hongroise et qui faisait
même dans le château sa propre monnaie. Cette bonne période
se termina avec l’arrivée de nouveaux propriétaires
Ostrogski.
Le château fut pillé et détruit, bien qu’en
1603 il soit décrit comme un grand centre économique et
agricole de la ville. Dans le château se trouvait une chapelle,
une grande salle, des établissements de bains, des boulangeries,
des chambres, des magasins, en tout 44 pièces.
A la fin de 1723 le château fut abandonné, les propriétaires
déménagèrent dans le palais de Sanguszki à
Gumniska, tandis que les sœurs bernardines reçurent la permission
de récupérer le matériel de construction pour terminer
de bâtir leur église. Le château petit à petit
était défait et il tombait en ruine.
Puis on commença à construire un tumulus en l’honneur
des victimes de soulèvement de 1846 et du massacre galicien. Ce
tumulus n’a pas été réalisé mais des
fragments de vieux murs étaient couverts par la terre. Les travaux
archéologiques furent commencés en 1939. Mais c’est
beaucoup plus tard qu’on fit la découverte d’une partie
des fortifications du château, et dans les années 63-69,
de plus de 80 mille de monuments : objets de céramique, objets
de fer, de verre, d’argile ainsi que des monnaies en or et en argent.
Le vieux cimètiere, un des plus vieux des cimetières
polonais, construit vers 1790.
Le musée ethnographique (rue Krakowska) où se trouve
la première exposition permanente en Europe de la culture et de
l’histoire du peuple tzigane polonais.
Le musée du diocèse, où se trouve entre autre
une collection d’art sacré de l’époque gothique
et de renaissance.
Texte : Magdalena Darewicz
Photos : Magdalena Darewicz et Christophe Moal |