11 novembre 1918, une date importante pour la Pologne
La fête nationale polonaise du 11 novembre a
pour but de commémorer l’indépendance retrouvée
en 1918, après une pénible période de 123 ans où
la Pologne était absente de la carte politique de l’Europe.
Pendant la deuxième moitié du XVIIIe siècle la Pologne
est devenue la question fondamentale de la politique de l’Empire
russe. La tsarine Catherine II a entrepris des demarches ayant pour but
de limiter l’autonomie polonaise. La vie intérieure du pays
demeurait entravée par le liberum veto, une pratique née
en 1652, qui exigeait que les décisions de la diète, où
siégeait la noblesse, soient prises à l’unanimité.
Une seule voix s’élevant contre l’opinion générale
faisait échouer toute tentative de réforme.
Après le couronnement de Stanislas II Poniatowski et malgré
les réformes proposées par le nouveau roi, consistant à
limiter le pouvoir de la noblesse et qui ont rencontré un obstacle
de la part de celle-ci, la situation continuait de se dégrader.
L’échec de la Confédération de Bar, qui était
une insurrection des patriotes contre la noblesse effrénée,
en 1768, a affaibli le pays et facilité la tache aux pays oppresseurs.
Dans cette situation la Russie a initié le premier partage de la
faible Pologne en 1772, en le justifiant devant l’opinion internationale
par une totale décomposition de l’Etat polonais. Les pays
voisins, l’Autriche et la Prusse, ont vite profité de la
situation pour arracher un morceau du territoire polonais. L’Autriche
a annexé 83 000 Km², les Prussiens se sont contentés
de 36 000 Km², la Russie s’est taillé une part de lion
de 92 000 Km².
La Pologne amincie a essayé de continuer les réformes. La
diète a entamé les travaux pour établir la première
constitution du pays, qui ont abouti finalement en 1792 au vote de la
Constitution du 3ème mai. Mais un groupe des magnats qui étaient
contre les reformes, sous dicté de l’Impératrice russe
ont fondé la confédération de Targowica, rejoint
un peu plus tard par le roi même de la Pologne. Ils ont par conséquent
contribué au deuxième partage de la Pologne en 1793. Il
était profitable pour deux pays, la Prusse et la Russie. Après
cet évènement-là, la Pologne ne représentait
qu’un petit morceau de l’ancien pays sur la carte de l’Europe.
A ce moment-là, un groupe d’émigrants polonais ont
présenté une idée d’insurrection. Une fois
le deuxième partage de la Pologne terminé, ils ont demandé
en vain l’aide de la France. L’éclatement de l’insurrection
de 1795, qui dans l’histoire a pris le nom de son plus grand commandant,
Tadeusz Kosciuszko, a été spontané et précipité
par les premières arrestations parmi des conspirateurs à
Varsovie au mois de mars. La fin était facile à prévoir,
la lutte sanglante s’est achevée finalement par la défaite
des insurgés à Radoszyce au mois d’octobre 1795. S’en
est suivi le troisième et dernier partage de la Pologne entre Autriche,
Prusse et Russie et les persécutions des participants envers la
population polonaise. C’est à ce moment-là que la
Pologne a disparu complètement de la carte politique. La nouvelle
situation politique a entraîné des changements fondamentaux
dans la vie de la société polonaise. Les structures de l’Etat
ont été liquidées, de même les traditions politiques
polonaises ont été fortement endommagées. Les attitudes
face à la présence des oppresseurs étaient diverses,
ceux des Polonais, qui étaient contre le partage manifestaient
le soin de la culture et de la science polonaises et prenaient part aux
actions conspiratrices ou diplomatiques.
La domination française en Europe a contribué à la
création d’une Principauté de Varsovie en 1807 qui
n’était qu’une manifestation marginale de l’ancien
Etat. Napoléon Ier a effectivement rétabli une entité
politique polonaise, mais sans, toutefois en proclamer l’indépendance.
Suite aux accords du congrès de Vienne en 1815, le Royaume Polonais
a été crée avec le tsar Alexandre Ier en tant que
souverain, ce qui évidemment a donné peu d’ autonomie
au pays.
A la fin de l’année 1828 l’irréductibilité
polonaise et l’oppression tsariste ont donné naissance à
une nouvelle idée de libération dans le milieu de l’Ecole
Militaire de Varsovie. L’insurrection a éclaté la
nuit de 29 novembre 1830. Mais cette fois-ci également n’étant
pas bien préparée elle s’est soldée par un
échec.
La tentative suivante de la lutte pour l’indépendance est
apparue en mois de janvier 1863. Les combats étaient menés
jusqu’en 1895 et se sont également terminés par une
défaite.
La première guerre mondiale est l’étape suivante sur
le chemin vers la liberté de la nation polonaise. La rupture dans
le camps des pays qui ont partagé la Pologne a donné la
chance aux polonais de présenter la question de libération
sur l’arène internationale. L’internationalisation
du problème a contribué à la renaissance de la Pologne.
En 1917 sur les terrains polonais a été formé le
conseil de régence, soumis au pouvoir allemand. Ses compétences
étaient fortement limitées, il n’avait pas d’influence
sur la politique étrangère et ne commandait pas les forces
armées polonaises, les unités polonaises de l’armée
allemande. En dehors du territoire polonais agissait le Comité
National Polonais à Paris, considéré comme le représentant
officiel polonais par les pays de l’Entente. Le comité avait
le commandement de l’armée polonaise qui était en
train de se créer en France sous commandement de Józef Haller.
A l’automne 1918 la défaite de l’Allemagne devenait
une certitude. L’empire austro-hongrois était en décomposition.
Dans cette situation en octobre le conseil de régence a entamé
les préparatifs ayant pour but de soustraire la Pologne au pouvoir
allemand. Le conseil a intercepté le commandement des unités
polonaises de l’armée allemande et a annoncé l’intention
d’effectuer les élections à la diète. Les nouveaux
centres du pouvoir commençaient à se former. Le 7 novembre
1918 à Lublin a été créé le Gouvernement
Provisoire Populaire de la République Polonaise sous direction
d Ignacy Daszyński, déclarant le nouvel état en tant qu’une
république démocratique.
Le 11 novembre à Compiègne, au nom des pays alliés,
le maréchal Ferdinand Foch dicte à la délégation
allemande les conditions de la reddition.
Le 10 novembre 1918 rentre en Pologne le général Józef
Piłsudski, retenu prisonnier par les allemands à Magdeburg. Le
11 novembre a lieu la déposition entre ses mains du commandement
des forces armées de la Pologne par le conseil de régence.
Cet événement constitue une date symbolique de la renaissance
de l’Etat polonais après plus d’un siècle de
dépendance.
Elżbieta Kot |