| Enigma, le mystère
de la machine de cryptage Enigma, cette énigme de machine
allemande de cryptage resta longtemps non résolue. Le rôle
des Polonais dans le décodage du code de cette machine fut très
important mais malheureusement peu connu.
Mais commençons par le début.
Arthur Scherbius construisit une machine qui codait les messages, cette
machine fut appelée plus tard ENIGMA. Au départ cette machine
était destinée à de grandes entreprises voulant protéger
leurs correspondances. En 1926, l'armée allemande l'essaya, la
modifia et ensuite s'en procura quelques exemplaires. De même, deux
ans plus tard l'Enigma trouva sa place dans l'armée de terre. L'intérêt
pour cette machine devenait de plus en plus grand et dès lors elle
fut équipée d'une centrale qui augmentait le nombre de combinaisons
de codes.
Un jeune lieutenant Kowalewski créa un Bureau de Chiffres qui
était chargé de surveiller les voisins d'est et d'ouest
de la Pologne. Les dangers venant de ces deux côtés-là,
l'augmentation des mouvements nationalistes intensifièrent les
travaux de la saisie et du décryptage des messages politiques et
militaires. Jusqu'au 1926 on déchiffra régulièrement
et sans problèmes les messages cryptés, mais la situation
changea quand l'armée allemande commença à crypter
les messages à la machine, ce qui fit de ces messages des devinettes
indécryptables.
Après avoir acheté la version commerciale d'Enigma, on
l'examina, mais ces études n'apportèrent pas de résultats.
En 1929 on organisa un cours de cryptage dans l'Institut des Mathématiques
de l'Université de Poznan, dans le but de trouver des étudiants
doués dans ce domaine. Trois étudiants les plus brillants,
Rajewski, Rozycki, Zygalski, commencèrent les travaux sur les chiffrages
allemands dans le Bureaux de Chiffres de l'état-major général
de l'Armée Polonaise. Le premier succès de jeunes cryptologues,
donc le décryptage du code allemand composé de quatre lettres.
Rajewski reçut ensuite tous les messages recueillis ces dernières
années pour les analyser. Grâce à ces messages et
à la version commerciale d'Enigma, Rajewski aperçut quelques
traits caractéristiques à l'aide des mathématiques.
Ensuite voyant les progrès des travaux, il obtint quatre documents
gagnés par le Services de Renseignements français :
une photo d'Enigma militaire, son mode d'emploi et deux anciens tableaux
de clés. Ces informations ne furent pas suffisantes mais cependant
avancèrent les travaux et débutèrent la collaboration
des deux Services de Renseignements français et polonais. Le capitaine
Gustave Bertrand prit contact avec les Polonais en 1931.
L'un des grands succès de Rajewski fut de déduire les connexions
internes d'un de trois rotors d'Enigma. Ensuite un des tableaux de clés
fourni par les Français permit de découvrir la connexion
du deuxième rotor, et à la fin, sans trop d'efforts du troisième.
Et grâce à cela le décryptage des messages allemands
devint possible.
La Pologne fut l'unique pays du monde pouvant décrypter les messages
codés à la machine. Entre janvier 1933 et décembre
1938 on décrypta plus de plusieurs milliers de messages. Après
les succès des cryptologues français la France ne fut plus
intéressée par la collaboration avec le groupe de jeunes
mathématiciens polonais. L'Angleterre malgré ses efforts
n'était pas capable de décrypter l'Enigma. Donc si ces deux
grands pays n'avaient pas obtenu l'aide des cryptologues polonais, ils
auraient dû commencer la guerre sans la possibilité de lire
des messages de leur plus grand ennemi.
Malgré de continuels perfectionnements de la machine, les Polonais
rétablirent chaque changement effectué dans la machine.
Mais la situation changeait au désavantage de la Pologne, et les
chefs du Bureau de Chiffres décidèrent d'organiser une rencontre
avec les chefs des Services de Renseignements de Fance et d'Angleterre.
Pendant leur deuxième rencontre en juillet 1939 à Varsovie,
les Polonais confièrent le secret le plus gardé du fonctionnement
d'Enigma, et en plus leur offrirent des copies de cette machine militaire
(reconstituées par eux-mêmes), ainsi que deux inventions
polonaises : des bomba (des machines qui trouvaient l'ancienne
position de rotors et qui essayaient toutes les clés et en trouvaient
la bonne) et des plachta Zygalskiego (des feuilles perforées
qui aidaient à retrouver l'ordres des rotors).
Ce fut le premier mais pas le dernier apport des Polonais dans le combat
contre l'Allemagne.
Deux semaines plus tard, la Pologne fut attaquée par l'armée
allemande, et le Bureau de Chiffres et ses employés furent déplacés
en Roumanie et ensuite en France où ils continuèrent les
travaux sur le décryptage.
Vous pouvez voir un des exemplaires de la machine Enigma au Musée
de l'Armée aux Invalides à Paris.
MD
Sources :
Gustave Bertrand, Enigma ou la plus grande énigme de la guerre
39-45 , Plon, 1973.
L'Art du secret. POUR LA SCIENCE. Dossier Hors-série ,
juillet/octobre 2002.
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